En ce mois de juin 2026, Brazzaville vit au rythme d’une pénurie de carburant qui transforme chaque plein en véritable épreuve. Les stations-service, souvent à sec, sont devenues le théâtre de scènes surréalistes où les automobilistes rivalisent de patience et d’ingéniosité.
Des files d’attente qui n’en finissent plus
Dès l’aube, les queues se forment devant les rares points de distribution encore approvisionnés. Certains habitants n’hésitent pas à venir avec des chaises pliantes, des tentes de fortune et même des en-cas pour tenir le coup. « On se croirait à une kermesse, sauf que le gros lot, c’est quelques litres d’essence », ironise un résident de Moungali. Les motos-taxis, d’ordinaire si vrombissantes, sont clouées au sol, forçant de nombreux Brazzavillois à redécouvrir les joies de la marche à pied.
Une organisation spontanée
Face à la crise, la solidarité s’organise. Des groupes WhatsApp répertorient les stations ouvertes, des guetteurs se postent aux carrefours pour signaler les livraisons. Les plus débrouillards proposent des jerricans de carburant à prix d’or, alimentant un marché parallèle qui fleurit malgré les interdictions. Les taxis collectifs, eux, limitent leurs rotations, rendant les déplacements toujours plus compliqués pour la population.
L’humour comme antidote
Malgré la grogne, les Brazzavillois gardent le sens de la dérision. Sur les réseaux sociaux, les mèmes fleurissent : on compare la quête de carburant à un sport de haut niveau, certains plaisantent sur le fait que le gouvernement devrait sponsoriser les marathons improvisés. « Au moins, cette pénurie nous fait faire du sport gratuitement », lance un piéton croisé à Bacongo. L’humour, ce carburant inépuisable, permet de tenir le coup en attendant des jours meilleurs.
Les autorités, pour l’heure, n’ont pas communiqué sur la durée prévue de cette crise, laissant les habitants espérer un retour rapide à la normale. Car à Brazzaville, si l’essence vient à manquer, la résilience, elle, ne tarit jamais.
