Depuis une semaine, Brazzaville vit au rythme de la pénurie de carburant. Les automobilistes et motocyclistes sont contraints à des heures d’attente devant les stations-service, transformant ces espaces en véritables lieux de socialisation.
Des queues interminables et un quotidien bouleversé
Dès l’aube, des files d’attente se forment devant les rares stations approvisionnées. Certains habitants viennent avec des chaises pliantes, d’autres apportent de quoi grignoter. « On se croirait à un pique-nique », plaisante un riverain. Les échanges entre inconnus sont nombreux : on y discute de tout et de rien, on partage les dernières nouvelles, et des amitiés naissent au milieu des vapeurs d’essence. Les plus prévoyants ont même apporté des tentes, au cas où la livraison tarderait.
Transports paralysés et débrouillardise
Les motos-taxis, si nombreuses dans la capitale, sont pratiquement à l’arrêt. Les taxis se font rares, et les prix ont flambé. Beaucoup de travailleurs ont redécouvert la marche, parfois sur de longues distances. « C’est bon pour la santé, mais pas pour les retards au boulot », confie un employé. La débrouillardise s’organise : certains partagent des trajets, d’autres guettent les livraisons sur les réseaux sociaux.
L’humour, carburant inépuisable
Face à la crise, les Brazzavillois gardent le sourire. Sur les réseaux sociaux, les mèmes et blagues fusent. « À Brazzaville, l’essence est plus précieuse que l’or », ironise un internaute. D’autres comparent la quête de carburant à un sport de haut niveau, nécessitant endurance et patience. L’humour reste le remède le mieux partagé en attendant un retour à la normale.
Les autorités assurent que des mesures sont prises pour résorber la pénurie, mais pour l’instant, la résilience et le sens de la communauté des Brazzavillois sont leurs meilleurs atouts.
