Journée mondiale contre la maltraitance des aînés : quel engagement au Congo ?

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Le 15 juin 2026, la communauté internationale marque la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées. Placée sous le thème « Au-delà de la sensibilisation : pour une prévention efficace », cette journée invite gouvernements, agences onusiennes et société civile à redoubler d’efforts face à un phénomène aussi répandu que méconnu.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la maltraitance des aînés recouvre tout acte unique ou répété, ou toute absence d’intervention appropriée, dans une relation de confiance, qui cause des blessures ou une détresse morale à une personne âgée. Elle se manifeste sous de multiples formes : violences physiques (coups, bousculades), abus psychologiques (insultes, menaces, humiliation), exploitation financière (vol, escroquerie, détournement d’argent) et négligence (défaut de soins, d’hygiène, d’alimentation ou d’assistance vitale).

Au Congo-Brazzaville, si les données statistiques font défaut, la réalité du terrain interpelle. Dans une société où la solidarité familiale reste une valeur forte, l’urbanisation rapide, la précarité économique et l’érosion des liens intergénérationnels exposent de plus en plus les aînés à des situations de vulnérabilité. Abandon, privation de ressources, isolement et parfois violences domestiques jalonnent le quotidien de nombreux seniors.

Les Nations Unies alertent sur les conséquences à long terme de cette maltraitance. D’ici la fin des années 2050, plus de 50 % des décès dans le monde concerneront des personnes de 80 ans et plus, contre seulement 17 % en 1995. Pour inverser la tendance, l’ONU préconise la mise en place de systèmes de protection solides, garants de la dignité, de l’autonomie et des droits des aînés. Elle insiste également sur le renforcement de la protection sociale – pensions de retraite, couverture santé universelle – pour réduire leur dépendance et leur exposition aux abus.

En prélude à cette journée, un événement a réuni le 11 juin à New York le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, le Réseau international pour la prévention de la maltraitance des personnes âgées et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme. L’occasion de rappeler que la prévention passe aussi par l’éducation des familles, la formation des professionnels de santé et la mise en œuvre de lois protectrices.

Au Congo, des associations et quelques initiatives locales tentent de briser le silence. Mais beaucoup reste à faire pour que chaque aîné puisse vieillir dans le respect et la sécurité. La journée du 15 juin est une piqûre de rappel : la maltraitance des personnes âgées n’est pas une fatalité.

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