Ce 18 juin 2026, la tension est à son comble en Afrique du Sud. Les mouvements xénophobes, avec l’appui tacite des autorités locales, maintiennent leur ultimatum : tous les immigrés clandestins doivent quitter le pays d’ici le 30 juin. Dans ce climat de peur, aucune distinction n’est faite entre les sans-papiers et les résidents légaux. Pour protéger ses citoyens, le gouvernement congolais a pris les devants en mettant en place un programme de rapatriement sur la base du volontariat.
Un rapatriement organisé dans l’urgence
L’ambassade du Congo en Afrique du Sud a publié un chronogramme précis pour le retour des ressortissants. L’objectif est d’éviter que les Congolais ne soient victimes des violences qui s’intensifient. Le Nigéria, le Ghana et le Malawi ont également initié des démarches similaires, preuve que la menace est prise au sérieux par plusieurs capitales africaines.
Selon des sources diplomatiques, des vols spéciaux pourraient être affrétés si le nombre de volontaires dépasse les capacités commerciales. Les Congolais désireux de rentrer sont invités à se signaler rapidement auprès des services consulaires. La priorité est donnée aux familles avec enfants et aux personnes vulnérables.
Une mémoire douloureuse pour le Congo
Cette vague xénophobe réveille des souvenirs amers à Brazzaville. Pendant les années sombres de l’apartheid, le Congo avait été l’un des principaux soutiens de la lutte des Noirs sud-africains. Du simple citoyen au président Denis Sassou N’Guesso, chacun avait épousé la cause de Nelson Mandela. Le fameux « Fonds Africa » lancé par le chef de l’État via l’OUA symbolisait cette solidarité financière et politique.
Les anciens se souviennent des chroniques radiophoniques de Georges Bakari qui, avec un « kiadi mingui na Afrique du Sud » vibrant, fédérait toute une nation autour du combat anti-apartheid. Aujourd’hui, beaucoup de Congolais ont le sentiment d’une ingratitude, alors que leurs enfants sont menacés dans les rues de Johannesburg ou du Cap.
Le gouvernement congolais a opté pour la discrétion diplomatique, préférant agir vite plutôt que d’envenimer les relations. Mais en coulisses, la déception est réelle. L’histoire rappelle pourtant que l’Afrique du Sud a pu compter sur des pays comme le Congo lorsqu’elle était isolée. Un argument que les diplomates pourraient faire valoir si la situation devait empirer d’ici la fin juin.
