Dans le cadre de la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites, l’Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF) du Congo-Brazzaville a réuni, du 15 au 20 juin 2026 à Brazzaville, une trentaine d’officiers de police judiciaire, de gendarmes et de magistrats pour une formation stratégique. Celle-ci portait sur l’identification, la saisie et le recouvrement des avoirs issus d’activités criminelles.
Soutenue par le programme SecFin Africa avec l’appui de l’Union européenne, cette initiative vise à renforcer les capacités nationales face à la criminalité financière. Selon Ursus Fred Otsoa Andely, directeur de l’ANIF, il ne suffit plus de poursuivre les auteurs d’infractions : il faut désormais priver les réseaux délictueux de leurs ressources, en gelant puis en confisquant les biens mal acquis. Cette approche s’aligne sur les standards internationaux de transparence et de gouvernance.
Bien que cette formation marque une avancée technique, une partie de la population reste sceptique quant à la volonté réelle des autorités. Malgré l’existence d’institutions comme la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption (HALC), les résultats concrets tardent à se manifester, alimentant un climat de défiance. Les récents scandales financiers impliquant des proches du pouvoir n’ont fait qu’accentuer la méfiance.
Pour les observateurs, la crédibilité de cette nouvelle dynamique dépendra de l’application effective des procédures de saisie et de la collaboration entre les différents services. L’ANIF promet des actions musclées : reste à voir si les déclarations seront suivies d’actes tangibles.
