Il y a quelques jours, le Congo Brazzaville a commémoré le 35e anniversaire de la Journée de la réconciliation nationale. Cette date symbolique, instaurée au lendemain de la conférence nationale souveraine de 1991, devait marquer le début d’une ère de paix et d’unité retrouvée. La cérémonie du lavement des mains, geste fort de pardon et de purification, était censée laver les blessures du passé. Pourtant, 35 ans plus tard, le constat est amer.
Les espoirs nés en 1991 se sont peu à peu dissipés. Les divisions politiques, les conflits armés récurrents et les tensions ethniques ont jalonné ces trois décennies et demie. La réconciliation nationale est restée un vœu pieux, souvent instrumentalisée par les dirigeants successifs pour consolider leur pouvoir plutôt que pour panser véritablement les plaies de la nation.
Les Congolais, eux, aspirent à autre chose. Ils veulent des actes concrets : une justice transitionnelle efficace, la reconnaissance des victimes, une véritable redistribution des ressources. Sans cela, parler de réconciliation sonne creux. Les « exhortations » répétées lors des commémorations annuelles n’ont pas suffi à restaurer la confiance entre les citoyens et leurs institutions.
Alors que le pays continue d’avancer tant bien que mal, cette 35e édition de la journée nationale invite à une introspection collective. Et si la réconciliation passait d’abord par un débat sincère sur les erreurs du passé et une volonté politique authentique de changer les choses ? En attendant, beaucoup regrettent que la « bêtise », pour reprendre un mot amer souvent entendu, soit revenue au galop.
