Audits bloqués et remaniement en vue : la gouvernance économique congolaise à l’épreuve

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La révision à la hausse de la loi de finances rectificative vient de relancer un débat récurrent au Congo : faut-il privilégier l’endettement extérieur et l’accompagnement du FMI, ou bien financer les investissements sur fonds propres, à l’image d’autres pays africains ? Derrière ces questions, ce sont les retards accumulés dans les audits des secteurs pétrolier et public, pourtant promis aux institutions internationales, qui inquiètent le plus.

Les discussions techniques entre la délégation du FMI et les autorités congolaises, menées notamment par Christian Yoka, se déroulent dans un climat de pression grandissante. Certains ministres, épinglés pour leurs contre-performances, voient leurs déplacements écourtés, comme ce rappel d’urgence d’une mission en Europe. Ces tensions nourrissent les rumeurs d’un prochain remaniement gouvernemental, que rien n’est venu confirmer pour l’instant.

Dans ce contexte, les engagements pris avec la Banque mondiale et le FMI concernant les audits restent en grande partie lettre morte. L’audit des coûts pétroliers, qui devait être réalisé avec l’appui de la BAD dès 2018, n’a toujours pas débouché sur un rapport public. L’objectif était pourtant clair : vérifier que les dépenses récupérables déclarées par les partenaires (TotalEnergies, Eni, Perenco) ne rognaient pas indûment la part de l’État. Le rapport 2018 de la Banque mondiale soulignait déjà une érosion des recettes pétrolières par rapport aux exportations, sans que des mesures correctives soient prises depuis.

Les audits des comptes de la SNPC, autre pilier de la transparence exigée, souffrent des mêmes maux. Si quelques documents ont été publiés avec retard, la couverture des exercices 2017 à 2023 reste très lacunaire, selon l’ITIE. Quant aux entreprises publiques, le tableau de suivi promis par la Cour des comptes et le Commissariat national aux comptes n’a jamais vu le jour, laissant l’essentiel du portefeuille d’État dans un angle mort.

La fragilisation des institutions de contrôle aggrave la situation. Depuis la disparition de Charles Émile Apesse, la CCDB peine à retrouver son élan. Le récent concours de recrutement à l’ENAM, où 250 postulants ont été admis au lieu des 75 prévus, a ravivé les soupçons de corruption, avec des allégations de paiements occultes. Une enquête avait été ouverte, sans aboutir pour l’instant.

Le Congo a les moyens de financer son développement sans dépendre excessivement de l’extérieur, mais cette ambition ne sera crédible que si les audits longtemps promis sont enfin menés à leur terme et rendus publics. Sans un sursaut de transparence, les bonnes intentions affichées risquent de rester sans effet.

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